8 juillet 2013

Presque Humain

Presque Humain

Le café Julie dans le quartier bohémien, je bavardais avec mon amie sirotant une bière fraîche, toutes les deux aimons cette rue étroite avec ses boutiques, ses galeries et ses trottoirs parsemés de tables à la clientèle cosmopolite.

Le soir venait à notre rencontre, des bougies se posaient sur les tables, une légère brise atténuait la chaleur.

Nous n’avions pas envie de bouger, une autre tournée de bière, nous échangions nos idées sur une certaine vue politique qui se propageait dans notre région.

Les vitrines s’illuminaient, chacune avec sa particularité, mon regard se posa sur la boutique en face de nous, le contrejour, les lumières, des reflets infinis sur la vitre, je regarde, je vois des miroitements qui se superposent, mon amie aussi regarde.

Nous arrêtons de parler, nous sommes englouties dans ce cosmos artificiel de reflets, et puis une apparition de spots éclairent deux mannequins d’une autre vitrine, le surnaturel nous fait frémir, ils sont Presque Humains, ils nous regardent à travers des dizaines de mondes différents, ils sourient presque…

Autour de nous le monde bavarde, bouge, se prépare pour le diner, les uns se lèvent, les autres arrivent, des groupes, des couples se forment et se séparent. Tous ces mouvements donnent la vie à ce monde imaginaire de reflets, nous avons l'impression que les mannequins, bougent, s’éloignent et s’approchent comme s'ils veulent se joindre à nous …

Nous nous regardons… la main dans la main nous traversons la rue vers la vitrine……..

Nous sommes presque Humaines, habillées de soie et de paillettes, tiens nos amies arrivent, la bouteille de champagne nous attend…..





2 juillet 2013

Couple

Couple

Il y a des thèmes qui reviennent plusieurs fois dans mes nouvelles, il se peut que je me répète, il se peut que j'ennuie mes lecteurs, il se peut que le déjà-vu déplait, mon Blog est mon miroir, je crois que ma vie se reflète en partie dans mes écrits.

Hier soir, avant de plonger dans mon sommeil, j'ai vu une photo devant mes yeux, une vieille photo, une photo virtuelle, pas une photo trouvée au marché aux puces ou dans un vieil album. 

Non une photo jaune, très vieille. Les rebords de la photo étaient abimés, déchirés, recourbés, pourtant l'image apparue était claire et vivante, comme si elle voulait que j'écoute son histoire malgré les craquelures du temps.

L'image d'un couple, pas une image traditionnelle, l'image d'un couple à mi-chemin de leur vie, lui, assis sur une chaise roulante en bois, les jambes coupées au-dessous des genoux, habillé d'un costume gris, le bas du pantalon flottant, une cravate, une chemise blanche, ses bras entourant la taille pas tellement fine de sa femme assise sur ses genoux. Elle, habillée d'une robe modèle fin du 19 siècle, ses cheveux relevés dans un chignon à la diable. Je crois que la photo a été prise par un membre de la famille car je sens dans l'atmosphère une nonchalance et un manque de perfection.

Mes yeux se ferment, le sommeil prend possession de moi, je lute, je veux savoir la raison de l'apparition de cette image. Sa survenue à un but, elle veut me raconter son histoire, je ne bouge pas de peur de la perdre, je l'écoute, elle me regarde et me raconte.

Je veux que tu changes notre passé, je veux que par la force de ta pensée notre histoire change, cette photo est un rêve, je veux qu'elle soit une réalité, je te prie, fais-le. Malgré tous mes soins il n'a pas survécu à l'amputation de ses jambes. Il avait 29 ans à sa mort et moi veuve a 27 ans. La guerre nous a surpris un an après notre mariage. Je voudrais que cela soit diffèrent, je désirerais qu'un de nos enfants soit celui qui a pris cette photo, notre fils l'artiste Jean, le cadet, les trois autres sont loin, chez eux avec leur famille Michel, Claude et Artémis (un drôle de nom, cela a été son choix je n'ai jamais compris la raison) Je voudrais avoir quatre fils avec lui, cette photo qui t'apparait doit être une vérité, fais le par la force de ta pensée…..

Je sombre dans le sommeil….un réveil tout brouillé de rêves, je trouve près de moi un cahier où les noms des enfants sont écrits, je me lève, je me brosse les dents, le premier café matinal, j'ouvre mon pc, mon premier mail, l'invitation d'une amie pour une soirée à l'auditorium, au programme les danses des couples dont l'un des partenaires est sur une chaise roulante…..avec photo d'un couple; elle assise sur ses genoux…

Un message, un rêve, un désir qui se réalise……. Un autre cercle



21 juin 2013


Déjà – Vu

 Sa journée au bureau avait été harassante, avant de rentrer chez lui, il flânait sur le grand boulevard; il voulait boire un drink avant de retrouver le calme et la solitude de son appartement.

L'air du soir le détendait, l'automne s'annonçait dans les couleurs des arbres et dans les vitrines de mode où les imperméables avaient remplacé les vêtements de plage.

Une bière bien fraiche chez Beny's  clôturera sa journée.

Il ne s'était pas rétabli depuis sa séparation d'avec Lia. Son corps était vide, son cœur gelé, son image le hantait et malgré son brusque départ sans explication et malgré tous ses caprices il la regrettait.

La bière bue doucement le réconforta, il se dirigea vers le parking pour récupérer sa voiture quand un claquement de talons le fit retourner, Lia, pas possible, elle lui ressemblait tellement, comme une sœur jumelle, un Déjà-Vu, un souvenir, il secoua la tête, pas possible, le même sentiment d'euphorie s'empara de lui comme quand il l'avait vue la première fois, la même magie….
   
Lia, la même chaleur qui envahit le corps, le même battement de cœur…..

Déjà-Vu, il pensa ébaucher un sourire, saluer, se présenter….mais…tout le reste, les bagarres, les réconciliations, les mensonges, les tromperies, les colères défilèrent devant ses yeux. Déjà-Vu, fera-t-il la même erreur….. Il pense… cette étrangère l'attire; lui fait bouillir son sang….un sourire…..

Déjà-Vu, combien de fois faisons-nous la même erreur, tombons dans le même piège…… Déjà-Vu……

Le Déjà-Vu n'est-t-il pas un signe d'avertissement….. Que pensez-vous….. Ou peut-être aimons-nous faire les mêmes erreurs, traverser les mêmes expériences, les mêmes souffrances.

La prochaine fois que le Déjà-Vu vous frappera, arrêtez-vous, respirez et ne vous laissez pas tenter; ou peut-être pourquoi pas. Souriez, tentez votre chance encore une fois…


13 juin 2013


Peut-être


Dans son immense château fait de vapeur aux couleurs de l'aurore, illuminé avec des chandeliers de pluie reflétant la lumière de la foudre, elle se promenait ce matin-là, un certain sourire dans ses yeux.

Sa longue robe blanche enveloppait son corps fluide et transparent, elle s'assit devant son immense écran qui lui refléta son image à laquelle elle sourit. Son sourire du réveil alluma l'écran et son regard se posa sur son monde.

Son monde changeait à une vitesse incroyable, les guerres, la nature qui se révoltait aux exigences de l'humain, l'abondance et la misère qui se côtoyaient comme une chose normale et sans solution, et pourtant…..

L'intelligence humaine dans laquelle ses gènes à elle réalisaient des merveilles. Des technologies nouvelles apparaissaient chaque jour dans tous les domaines. Certaines étaient catastrophiques et certaines voulaient la remplacer, l'envoyer à la retraite.

La remplacer, elle, dans une petite boite à écran lumineux, avec des milliers de points, qui au toucher s'ouvrait et montrait les nouvelles, la mode, les films, la TV et la route…la remplacer elle….haha…son rire se dispersait dans son château…..

Elle aimait cette heure matinale, où elle se délassait en regardant son monde, en partie son œuvre, elle cligna des yeux pour fermer l'écran…. Le contact se coupa comme prévu…. Puis une toute petite lumière…. Une étincelle….Un tout petit clic…. Elle sourit…l'écran s'illumina… l'image d'une enfant apparut, un sourire où il manquait deux dents, un doigt qui se lève en signe de victoire…..

Va-t-elle pousser la touche Delete… . Que pensez-vous? Nous sommes toujours là…


10 juin 2013


Orgueil

Sans prière, sans discours, sans larme et sans regret, le cercueil descendait doucement dans les entrailles de la terre noire gorgée d'une pluie torrentielle d'hiver.

Peu de gens assistant à cette cérémonie du dernier voyage. Pourtant il était connu dans la région, ses faits, ses gestes et sa photo paraissait continuellement sur tous les medias. L'annonce de son décès subit avait été annoncée dans tous les journaux avec les détails du lieu et de l'heure de la cérémonie. Sans raison apparente, l'espace du faire-part resta blanc Aucun rédacteur des journaux du matin n'y fit attention.

L'énergie de son orgueil était tellement puissante, que même après sa mort, elle avait arrêté l'encre du faire part de sa mort.

L'humilité l'accueillit tendrement à l'arrivée.

Il se défendit, la repoussa, se moqua de sa patience, lui tourna le dos. Lui l'orgueilleux voulait continuer la tête haute et le corps droit, elle le suivit, quand la chair disparut, quand seule la lumière de l'âme fut visible, près de la rivière, sur une feuille de lotus elle posa ce reste d'énergie, murmura une prière et poussa la fleur dans le courant …..


Le premier cri du nouveau-né fut un appel à l'amour …..

27 mai 2013


Un Rêve

Un drôle de rêve m'a surprise avant que le téléphone ne me réveille ce matin.

Un rêve qui me poursuit et me fait pleurer.

Une époque lointaine, une époque sans technologie, l'Afrique, pas tellement différente dans certaine partie d'aujourd'hui.

La brousse, le village, je me vois clairement, je suis la fille du chercheur d'eau, la plus jeune, le souffre-douleur de tous mes frères et sœurs; les coups ne manquent pas dans la famille, je suis nonchalante, j'aime rêver, me reposer à l'ombre et regarder les nuages danser dans le ciel.

Tout le monde travaille chez nous, moi j'aime danser et chanter alors je reçois des coups, je suis habituée, je ne pleure pas.

Mon père veut me vendre au fils du chasseur dans un village lointain, ma mère convoite la vache frêle qu'elle recevra en échange, je n'aime pas les chasseurs.   Leur corps dégage l'odeur du sang. La peur comme une couleuvre s'est installée dans mon ventre, elle me ronge, je n'arrive pas à manger, ma mère me force à avaler la nourriture, pour que je sois forte pour mon futur maitre.

Je veux partir, m'enfuir. Je cherche le chemin dans les étoiles. Le jour du mariage approche, je dois partir.

J'avance dans la brousse, mon corps couvert d'une sueur froide. Pour me protéger j'ai un bâton à la main, je suis une lointaine étoile, les hurlements des bêtes m'accompagnent.

Mon pied est pris dans un piège, un coup sur ma nuque le noir……

Le téléphone me fait bouger, je tends ma main, la main blanche de mon compagnons se pose sur ma main noire, nous laissons le téléphone sonner….

Le  temps maintenant est à la douceur……

Son corps dégage une odeur exquise…..






14 mai 2013


Le Mariage

Ils s'étaient connus par un jour d'hiver sur la plage. Lui courrait sa course journalière de dix kilomètres, elle, ramassait des  bois que la mer avait  rejetée pour ses sculptures. Leur yeux se rencontrèrent le tonnerre rugis au loin la foudre 
transperça leur âmes.

Deux mois plus tard ils se marièrent dans une petite mairie d'un village, elle habillée en bleu lui en jeans et chemise blanche, pour la cérémonie il lui offert un énorme coquillage en guise de fleurs.

Neuf mois plus tard elle donnait naissance à un garçon aux yeux gris comme la mer le jour de leur rencontre.

Un an plus tard à la même mairie ils signaient leur contrat de séparation, elle partit avec son fils à l'est emportant le coquillage et lui s'en alla vers le nord.

Trente ans après le fils se marie dans un des plus grands hôtels de la ville.

Un grand mariage, elle  très appréciée par le monde comme artiste, lui dirigeant un club de sport.

Ils ne se sont pas revus depuis le jour de leur séparation. Ils reçoivent les invites ensemble, sans se parler sans se regarder, elle a les mains moites, lui a un tic dans son œil.

Elle regarde son fils, et sourit, lui regarde son fils et se reconnait. Un orage d'été éclate dehors, un tonnerre fait trembler l'hôtel.

La réception fut une réussite.

Lui part vers le Nord elle rentre chez elle. 

L'éclairage envahit sa chambre, sur une table basse l'énorme coquillage est fendu end deux, un liquide gris-bleu s'est rependu…… 



Je raconte, Looking Differently, Painting with my Camera…

  Looking Differently / Regarder Autrement   Je raconte, Looking Differently, Painting with my Camera… Après avoir écrit une rétrospec...