20 février 2026

Deux frères, Francais, English; Hebrew





Deux frères, deux ans de différence.

Ils ont grandi dans une grande ville, avec des parents affectueux, une bonne éducation, une famille sans problèmes…

À l’âge de dix-huit ans, chacun fait son choix.
L’aîné choisit l’histoire et se spécialise dans l’époque romaine.
Le cadet choisit la religion, s’habille de noir et quitte la ville. Toute sa vie, il étudie les Écritures saintes. Sa femme lui donne sept enfants. Il publie deux livres sur la vie d’un obscur prophète.

Les deux frères perdent tout contact.

Aujourd’hui, à l’Expo des médias.
Sur l’estrade, le créateur d’un nouveau gadget explique son fonctionnement. Ses deux yeux bruns s’accrochent soudain à un regard identique. Un éclair d’étonnement traverse l’air. Les regards se fixent. Une carte de visite change de main. Mêmes noms, à la résonance différente. Une poignée de main — des gènes qui se reconnaissent. Des grands-parents lointains ressurgissent au fil des coups de téléphone.

On voudrait avoir le temps d’approfondir.
Trop de monde autour. Après l’Expo.

Deux vols dans des directions opposées.
Deux cartes de visite sur des bureaux de secrétaires…
Un enfant qui reçoit un nouveau gadget…

Un certain contact.

 

Contact

Two brothers, two years apart.
They grew up in a large city, with loving parents, a good education, a family without problems…

At eighteen, each makes his choice.
The elder chooses history and specializes in the Roman era.
The younger chooses religion, dresses in black, and leaves the city. All his life, he studies the Holy Scriptures. His wife gives him seven children. He publishes two books on the life of an obscure prophet.

The two brothers lose all contact.

Today, at the Media Expo.
On the stage, the creator of a new gadget explains how it works. His brown eyes suddenly latch onto an identical gaze. A flash of astonishment crosses the air. The gazes lock. A business card changes hands. Same names, different resonance. A handshake — genes recognizing each other. Distant grandparents resurface through hurried phone calls.

One would like to have time to go deeper.
Too many people around. After the Expo.

Two flights in opposite directions.
Two business cards on secretaries’ desks…
A child receiving a new gadget…

A certain contact.


 

קשר

שני אחים, הפרש של שנתיים.
הם גדלו בעיר גדולה, עם הורים אוהבים, חינוך טוב, משפחה ללא בעיות

בגיל שמונה־עשרה כל אחד בוחר את דרכו.
הבכור בוחר בהיסטוריה ומתמחה בתקופה הרומית.
הצעיר בוחר בדת, לובש שחור ועוזב את העיר. כל חייו הוא לומד את כתבי הקודש. אשתו יולדת לו שבעה ילדים. הוא מפרסם שני ספרים על חייו של נביא אלמוני.

שני האחים מאבדים כל קשר.

היום, בתערוכת המדיה.
על הבמה, יוצר של גאדג’ט חדש מסביר את אופן פעולתו. עיניו החומות נתפסות לפתע במבט זהה. הבזק של תדהמה חולף באוויר. המבטים ננעלים. כרטיס ביקור עובר מיד ליד. אותם שמות, הדהוד שונה. לחיצת יד — גנים שמזהים זה את זה. סבים רחוקים שבים ומופיעים דרך שיחות טלפון חפוזות.

היינו רוצים שיהיה זמן להעמיק.
יותר מדי אנשים סביב. אחרי התערוכה.

שתי טיסות בכיוונים מנוגדים.
שני כרטיסי ביקור על שולחנות של מזכירות
ילד שמקבל גאדג’ט חדש

קשר מסוים.

C’est quoi le bonheur Francais-English-Hebrew

 





C’est quoi le bonheur ?

Un soir d’été, sous un grand chêne, dans le café rustique d’un parc, mon amie et moi sirotions un café glacé.

Une brise faisait frémir les feuilles. Une musique andalouse glissait entre les tables. Tout autour, les voix restaient basses, comme si chacun respectait l’immensité des arbres centenaires qui nous enveloppaient.

Elle me demanda :

— C’est quoi le bonheur ? Peux-tu me le décrire ?

Je gardai le silence quelques secondes.

— Le bonheur n’est pas un état durable. Ce sont des instants. De brèves secondes où tout s’efface, où l’on est pleinement là, et où l’existence entière tient dans une seule respiration…

Ses joues se remplirent de larmes.

— Donne-moi un exemple.

Je compris alors que sa quête du bonheur l’avait empêchée d’habiter sa propre vie.
J’essuyai ses larmes.
Je lui caressai les cheveux.
Je ne pouvais rien changer à son destin.

— Le bonheur est différent pour chacun, lui dis-je doucement.
C’est un geste.
Une note de musique.
La couleur d’une fleur.
Un regard inattendu.
Un silence partagé.
La pluie qui se mêle à nos larmes.

Il est en nous, dans notre façon d’accueillir l’instant.

À cet instant précis, une feuille se détacha du chêne.
Elle tourbillonna lentement et vint se poser sur la main qui tenait la sienne.

Si légère.
Déjà prête à tomber.

Je priai pour elle — pour qu’elle voie ce moment avant qu’il ne disparaisse.



What Is Happiness?

One summer evening, beneath a large oak tree, in the rustic café of a park, my friend and I were sipping iced coffee.

A breeze made the leaves tremble. Andalusian music drifted between the tables. Around us, voices remained low, as if everyone were honoring the vastness of nature and the century-old trees that sheltered us.

She asked me:

— What is happiness? Can you describe it to me?

I remained silent for a few seconds.

— Happiness is not a lasting state. It is made of moments. Brief seconds when everything fades away, when we are completely present, and all of existence fits into a single breath…

Her cheeks filled with tears.

— Give me an example.

In that instant, I understood that her pursuit of happiness had kept her from inhabiting her own life.
I wiped her tears.
I gently stroked her hair.
I could not alter her destiny.

— Happiness is different for each of us, I said softly.
It is a gesture.
A note of music.
The color of a flower.
An unexpected gaze.
A shared silence.
The rain mingling with our tears.

It lives within us, in the way we receive the moment.

At that precise instant, a leaf detached itself from the oak.
It swirled slowly and came to rest on the hand that held hers.

So light.
Already ready to fall.

I prayed for her — that she might see this moment before it vanished.



מהו האושר?

ערב קיץ אחד, מתחת לאלון גדול, בבית קפה כפרי שבפארק, ישבנו אני וחברתי ולגמנו קפה קר.

רוח קלה הרעידה את העלים. מוזיקה אנדלוסית חלפה בין השולחנות. סביבנו דיברו בקול נמוך, כאילו כולם מכבדים את מרחבי הטבע ואת העצים בני המאה שהגנו עלינו.

היא שאלה אותי:

מהו האושר? תוכלי לתאר לי אותו?

שתקתי כמה רגעים.

האושר אינו מצב מתמשך. הוא מורכב מרגעים. שניות קצרות שבהן הכול מסביב נמוג, ואנו נוכחים לחלוטין, וכל הקיום כולו מתכווץ לנשימה אחת

לחייה התמלאו דמעות.

תני לי דוגמה.

באותו רגע הבנתי שהמרדף שלה אחר האושר מנע ממנה לחיות את חייה.
ניגבתי את דמעותיה.
ליטפתי את שערה.
לא יכולתי לשנות את גורלה.

האושר שונה אצל כל אחד ואחת מאיתנו, אמרתי ברוך.
הוא מחווה.
צליל של מוזיקה.
צבע של פרח.
מבט בלתי צפוי.
שתיקה משותפת.
הגשם המתערבב בדמעותינו.

הוא נמצא בתוכנו, בדרך שבה אנו מקבלים את הרגע.

באותו רגע ממש, עלה ניתק מן האלון.
הוא הסתחרר לאיטו ונח על היד שהחזיקה בידה.

כה קל.
וכבר מוכן ליפול.

התפללתי עבורה — שתראה את הרגע הזה לפני שייעלם.

21 octobre 2025

Alan et Emma

 


Une des questions qui hantent le plus l’esprit — et l’âme — de chacun, est celle de savoir s’il peut vraiment exister une amitié profonde entre un homme et une femme.
Nous n’allons pas y répondre.
Mais il existe des histoires qui semblent le faire, sans jamais l’expliquer.
Lorsque Emma Thompson rencontra Alan Rickman à la fin des années 80, elle sut qu’elle venait de trouver une âme sœur.
Il souriait rarement, sa présence était intense — mais sous cette apparence, il y avait une chaleur et une finesse qu’elle reconnut aussitôt.
Au fil des ans, ils partagèrent l’écran dans Raison et Sentiments, Love Actually et bien d’autres œuvres. Leur lien devint quelque chose que le public pouvait ressentir à l’écran : une confiance silencieuse, une compréhension sans mots.
Rickman avait cette manière d’être dans une pièce qui faisait que chacun s’y sentait bienvenu.
Lorsque le mariage d’Emma prit fin, ce fut Alan qui apparut.
Pas avec des conseils.
Avec du vin. Et du silence.
Il s’assit à ses côtés comme quelqu’un qui sait qu’il n’est pas nécessaire de parler pour tout soutenir.
Des années plus tard, elle lui dit :
« Tu m’as sauvée sans même essayer. Et c’est ce genre d’amour en lequel j’ai le plus confiance. »
Même lorsque la maladie commença à marquer sa vie, Rickman la porta avec une dignité sereine.
Emma le devina avant qu’il ne le lui avoue. Et quand il le fit, elle répondit simplement :
« D’accord. Alors, nous traverserons cela ensemble. »
Durant ses dernières années, leurs conversations devinrent plus tendres.
Elle lui avoua qu’elle l’avait aimé dès le début.
Il sourit :
« Tu m’aurais ruiné. »
Et elle murmura :
« Non, Alan. Je t’aurais guéri. »
Quand Rickman mourut en 2016, Emma le qualifia de « plus sincère des amis ».
Elle garde encore un mot de lui dans son portefeuille :
« Dis toujours la vérité. Ça coûte moins cher. »
Parfois, elle retourne dans le café qu’ils fréquentaient.
Elle commande deux thés.
Et elle lui parle, comme s’il était encore là, à l’écouter.
Parce qu’il existe des liens qui n’ont pas besoin d’être définis.
Ils se vivent.
Et ils ne meurent pas.

29 septembre 2025

Le Reve - Francais anglais

     





Rêve

 

Tu m’as trouvé dans mon rêve, hier soir.
Tu es jailli soudainement, sans un signe,
Au milieu de la foule anonyme.

Tes yeux m’ont dit :
« Je t’ai cherchée toute ma vie. »
Haut, beau, jeune,
Ta voix résonnait comme une promesse :
« Je veux vivre près de toi,
Dormir enlacer,
Être avec toi jusqu’à la fin. »

Je n’ai pas interrompu ce rêve.
Je me suis roulée dans ma couette,
Sentant ton corps contre le mien,
Chaud, vibrant,
Comme si nos corps n’étaient qu’une seule étreinte.

J’ai rêvé,
Heureuse,
Et j’ai retardé mon réveil
Pour ne pas te perdre.

Qui es-tu?

 

Dream

 

You found me in my dream last night.
You burst forth suddenly, without a sign,
In the midst of the anonymous crowd.

Your eyes told me:
“I have searched for you all my life.”
Tall, handsome, young,
Your voice resounded like a promise:
“I only want to live near you,
to sleep entwined,
to be with you until the end.”

I did not interrupt this dream.
I wrapped myself in my quilt,
Feeling your body against mine,
Warm, alive,
As if our bodies were a single embrace.

I dreamed,
Happy,
And I delayed my waking
So as not to lose you.

Who are you?

 

25 septembre 2025

Le Silence Francais- Anglais

 



Prologue

Il Silenzio était la musique préférée de mon père.
Aujourd’hui, les médias nous donnent instantanément toutes les informations sur le compositeur et sur la raison pour laquelle il a composé cette mélodie.
Hier, alors que je conduisais, la radio a diffusé
Il Silenzio. Mon père, sa musique, m’ont alors donné l’inspiration d’écrire « Le Silence ».

 

Le Silence

 

Souvent, tout au fond de la nuit, dans un profond silence, dans une obscurité opaque et une quiétude absolue, la musique d’Il Silenzio s’unit au corps, le rêveur, doucement frémit sous l’enchantement de la mélodie jouée par un virtuose à la trompette d’or.

Il Silenzio recouvre, comme un léger brouillard, le silence.

Le corps se détend, inconscient du changement qui transforme cette immobilité nocturne.

La mélodie s’élève dans le silence et peuple l’inconscient du dormeur !

Dans son assoupissement, le rêveur traverse des visions insaisissables, faites de lumière et d’ombre. La mélodie le guide à travers des souvenirs épars, des visages perdus, des instants fugaces où la vie et la mort se croisent comme deux souffles jumeaux.

Il y a des murmures et des plaintes, des larmes et des baisers, des rencontres et des ruptures.


Il y a des frissons, il y a l’odeur des fleurs et le crissement des feuilles mortes, la lumière de l’aube et celle du crépuscule.


Il y a tout, dans cette mélodie du silence, qui ne détruit pas le silence originel, mais l’élargit comme un second souffle que les trompettes d’or murmurent au cœur de la nuit.

J’aurais voulu connaître le trouble de l’âme du compositeur pendant la création d’El Silenzio.


L’a-t-il composée dans le silence de la nature, ou pendant une soirée fraîche d’été, peut-être assis en face de la cheminée un soir d’hiver, buvant le vin régional et regardant les notes de la musique danser devant ses yeux ?


Ou peut-être après un chagrin, un sursaut de déjà-vu dans une rencontre…

Épilogue

Pour moi, le silence est mon univers.
Je le porte en moi en traversant ma vie.
Même dans les tumultes les plus cahotants, il est là, m’enveloppant, me donnant la sécurité du lendemain.
Le silence, Il Silenzio, est-il ma connexion avec mon père ?
Peut-être…


Prologue

 

Il Silenzio was my father’s favorite music.
Today, the media instantly gives us all the information about the composer and the reason why he created this melody.
Yesterday, while I was driving, the radio broadcast Il Silenzio. My father, his music, then gave me the inspiration to write "The Silence."

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The Silence

 

Often, deep in the night, in a profound silence, in an opaque darkness and an absolute stillness, the music of Il Silenzio unites with the body, the dreamer, gently trembling under the enchantment of the melody played by a virtuoso on the golden trumpet.

Il Silenzio covers, like a light mist, the silence.

The body relaxes, unaware of the change that transforms this nocturnal immobility.

The melody rises in the silence and fills the dreamer’s unconscious!

In his slumber, the dreamer crosses elusive visions, made of light and shadow. The melody guides him through scattered memories, lost faces, fleeting moments where life and death meet like two twin breaths.

There are whispers and laments, tears and kisses, encounters and separations.


There are shivers, the scent of flowers and the crunch of dead leaves, the light of dawn and that of dusk.


There is everything, in this melody of silence, which does not destroy the original silence, but expands it like a second breath that the golden trumpets whisper in the heart of the night.

I would have liked to know the turmoil of the composer’s soul during the creation of Il Silenzio.


Did he compose it in the silence of nature, or on a cool summer evening, perhaps sitting in front of the fireplace on a winter’s night, drinking the local wine and watching the notes of music dance before his eyes?


Or perhaps after a sorrow, a sudden déjà vu in an encounter…

Epilogue

For me, silence is my universe.
I carry it within me as I walk through my life.
Even in the roughest tumult, it is there, wrapping me, giving me the security of tomorrow.
Silence, Il Silenzio, is it my connection with my father? Perhaps…

9 septembre 2025

Écrire

"Écrire... C'est le regard accroché, hypnotisé par le reflet d'une fenêtre dans l'encrier d'argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu'une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit. Cela veut dire aussi l'oubli de l'heure, la paresse au creux du divan, la débauche d'invention d'où l'on sort courbatu, abêti, mais déjà récompensé, et porteur de trésors qu'on décharge lentement sur la feuille vierge, dans le petit cirque de lumière qui s'abrite sous la lampe...", 

COLETTE

Deux frères, Francais, English; Hebrew

Deux frères, deux ans de différence. Ils ont grandi dans une grande ville, avec des parents affectueux, une bonne éducation, une famille sa...